PORT DE CASQUE POUR PASSAGERS SUR MOTOS : LES CONDUCTEURS VEULENT SE METTRE AU PAS, MAIS…

La répression contre le non-port de casque par les passagers sur motos démarre le 15 novembre 2022. À quelques jours de la mise en application de cette décision de la direction générale de la Police républicaine, les motocyclistes essaient de se mettre au pas. Mais ils expriment quelques inquiétudes.

Nous sommes en plein cœur de Cotonou, capitale économique du Bénin. Dans les rues de la ville, chaque motocycliste porte son casque de protection. Mais dans la circulation, rare sont les passagers sur motos à porter de casque alors que la répression contre cet acte démarre le 15 novembre prochain. Approchés, les conducteurs de taxi-moto semblent bien conscients de la décision et de l’imminence de sa mise en application. Par conséquent, ils disent s’apprêter pour être au pas. Mais, ils estiment que toutes les conditions ne sont pas réunies pour sa mise en application.

« Motocyclistes et passagers doivent porter tous deux de casques. Mais le partage d’un même casque par plusieurs passagers n’est pas logique, à cause, des maladies », a laissé entendre Barthélemy Kohonto, conducteur de taxi-moto. Selon lui, les autorités doivent revoir leur décision.

Loin d’être pessimiste, Nestor Tédji, également conducteur de taxi-moto, dit être réaliste. « Moi, je crois que ça ne va pas marcher ». C’est vrai que les autorités sont préoccupées par notre sécurité sur la route, mais en même temps, c’est une pénalisation pour nous, a-t-il ajouté. Il justifie ses propos par les risques de maladies pour les passagers. « Je suis Zem et en sortant de la maison, je suis supposé avoir deux casques. Ce qui veut dire que si je prends cent clients, ils partageront le même casque, alors qu’il y a des maladies contagieuses ».

L’État est garant de la sécurité des citoyens, admet Anselme Ahansou, conducteur de taxi-moto. En prenant cette décision, c’est pour sauver des vies, mais le contexte ne s’y prête pas trop bien, poursuit-il. Selon lui, en dehors des problèmes d’hygiène et de santé, il y a des pères de famille qui ne peuvent pas offrir un casque à chacun de leurs enfants qu’ils transportent souvent sur la même moto.

Mais les associations de lutte contre l’insécurité routière louent cette décision qui vient renforcer le combat qu’elles mènent depuis des années. « C’est une décision salutaire », se réjouit Serge Vivien Kougnimon, Journaliste spécial des questions de sécurité routière et membre de l’association des victimes des accidents de la route. «Nous avons toujours fait des sensibilisations allant dans ce sens pour demander aux acteurs d’amener les conducteurs à faire porter le casque aux passagers sur motos». A l’en croire, il n’y a pas que le conducteur qui est exposé au risque d’accident sur la route. « Le passager l’est aussi ». Il va d’ailleurs plus loin en insistant sur l’importance pour tous de porter le casque.

Évoquant la question liée à l’hygiène et la santé, Serge Vivien Kougnimon estime que ce motif ne constitue pas un réel problème. À défaut de disposer de son propre casque, il y a des moyens de protection pour les personnes qui partagent un même casque.

Jacob Y./La rédaction

First Afrique

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