MÉGA-PROJET PÉTROLIER : TOTALENERGIES DEVANT UN TRIBUNAL À PARIS

Le géant pétrolier et gazier TotalEnergies est attendu ce mercredi devant le tribunal judiciaire de Paris. Il est accusé par des organisations non gouvernementales de mener un mégaprojet pétrolier en Ouganda et en Tanzanie au mépris des droits humains et de l’environnement.

La procédure d’assignation du groupe TotalEnergies remonte à octobre 2019. La plainte a été déposée par six organisations qui l’accusent de ne pas respecter la loi française dite du «Rana Plaza», du nom de l’immeuble qui s’est effondré en 2013 au Bangladesh causant la mort de 1.000 ouvriers dans des ateliers de confection au service de grandes marques occidentales.

Cette loi oblige les multinationales à « prévenir les atteintes graves envers les droits humains, la santé et la sécurité des personnes ainsi que l’environnement » chez leurs sous-traitants et fournisseurs étrangers, par l’intermédiaire d’un « plan de vigilance ».

Après avoir été saisi par les ONG, le juge civil peut condamner l’entreprise fautive à une astreinte financière jusqu’au respect de ses obligations.

Dans le viseur des six (6) organisations non gouvernementales contre TotalEnergies, deux chantiers d’envergure. Il s’agit du projet «Tilenga», un forage de 419 puits en Ouganda, dont un tiers dans le parc naturel des Murchison Falls et le projet EACOP (East African Crude Oil Pipeline), le plus long oléoduc chauffé au monde, destiné à transporter les hydrocarbures de Tilenga jusqu’à l’Océan indien en traversant la Tanzanie sur 1.445 km.

Ils sont entrés en pleine phase de construction en février. TotalEnergies avait alors annoncé un accord d’investissement de 10 milliards de dollars avec l’Ouganda, la Tanzanie et la compagnie chinoise CNOOC, pour produire dès 2025.

Les deux projets « font l’objet d’une vive résistance de la part des populations locales», selon les ONG à l’origine d’un nouveau rapport d’enquête dévoilé début octobre.

Aussi, ces organisations critiquent l’impact climatique des projets, estimé par les ONG « jusqu’à 34 millions de tonnes de CO2 par an » « bien plus que les émissions combinées de l’Ouganda et de la Tanzanie ».

La Tanzanie est un pays connu pour sa réputation en biodiversité. Mais l’oléoduc en cours de construction, « impactera les terres de près de 62.000 personnes et menacera plus de 2.000 km2 de réserves naturelles » à proximité du lac Victoria, expliquent les ONG.
Elles dénoncent également les arrestations d’opposants et le risque de marées noires, dans une région déjà sujette aux tsunamis et aux séismes. Les personnes expropriées sont censées recevoir une compensation juste et préalable. Mais dans les faits elles sont privées de la « libre utilisation de leur terre avant », a confié une militante.

Lundi 10 octobre 2022, un collectif de personnalités internationales, politiques, climatologues, responsables associatifs, évêques signataires d’une tribune, a appelé à « stopper » ce mégaprojet qui selon eux, « précipiterait le bouleversement climatique et son cortège de catastrophes meurtrières ».

Jacob Y./La rédaction

First Afrique

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