DÉCLARATION DE TALON À PARIS : LE PROF AÏSSI RÉAGIT

Le droit de grève limité au Bénin a été l’un des sujets abordés par le président de la République du Bénin Patrice Talon lors de la rencontre avec les entrepreneurs de France mardi 30 août 2022 à Paris.

Au lendemain de cette idée soutenue par le Chef de l’État pour attirer les investisseurs français dans son pays, les six centrales syndicales des travailleurs du Bénin ont déposé une requête. Une logique que partage le professeur émérite Faustin Aïssi à travers une analyse.

«… les salariés ne font pas grève pour le plaisir puisqu’ils ont conscience qu’un jour de grève, c’est une perte d’une journée ouvrée de salaire », a défendu le professeur des universités des sciences et techniques de Lille en France. Une idée parmi tant d’autres dans sa réflexion qui vient remettre en cause celle du président Patrice Talon face aux entrepreneurs français.
En effet, mardi 30 août 2022, le chef de l’État béninois Patrice Talon lors de sa rencontre avec des Entrepreneurs de France (LaREF) a animé une conférence axée sur la coopération Europe Afrique dans un monde de crise. A cette occasion, le premier magistrat béninois a laissé entendre, « Nous avons entrepris des réformes difficiles. Des réformes qui ont abouti à des mesures qui ont touché les secteurs vitaux du pays avec la suppression et la restriction du droit de grève. Désormais au Bénin, la grève est interdite dans les secteurs vitaux comme la santé, la police, les pompiers et tout ce qui concourt à la survie des concitoyens. Dans tous autres secteurs, la grève est limitée à deux jours maximum par mois et dix jours par an ».

Professeur Faustin AÏSSI

Suite à ces déclarations, la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin a appelé la population à manifester même si une date n’est pas encore retenue. Un acte qui à priori reçoit la conviction du professeur émérite Faustin Aïssi. À l’en croire, « La CSTB est aussi dans son rôle de défendre ses adhérents », car on peut s’accorder à penser que les propos du Chef de l’État devant ses pairs (par rapport à son ancienne vie professionnelle) ont sonné désagrément dans les tympans de n’importe quel travailleur salarié, à plus forte raison syndicaliste, a-t-il soutenu.
Si plusieurs citoyens ont été arrachés aux mains de servage, aux chaînes de l’esclavage et les 60 heures de travail par semaine au début de l’ère industrielle ont été abolies, c’est parce qu’il y a les luttes du Front populaire de 1936 auxquelles ont participé les travailleurs des colonies françaises d’Afrique et des Outremers. Dans ces efforts à obtenir une meilleure condition de travail, les luttes sociales notamment syndicales se sont taillées la part belle. Et au Bénin, traiter les réactions syndicales de « «l’émotion» comme l’écrit l’honorable Rachidi Gbadamassi est pour le moins aussi incompressible », a pensé l’ancien professeur de l’université de Lille et du Littoral Côte d’opale.

Si les conquêtes sociales au Bénin tentent à disparaitre, la population se doit de réagir.
C’est entre autres l’avis du professeur émérite qui estime que les travailleurs doivent se réjouir aujourd’hui des 40 heures de travail par semaine, des congés payés, du bénéfice de la sécurité sociale et des caisses sociales comme celle des retraites. « Pour ce qui me concerne, j’en suis d’autant plus conscient que depuis dix ans que j’ai fait valoir mes droits à la retraite, je continue de cotiser au SNESup (syndicat national de l’enseignement supérieur) », a-t-il rappelé pour étayer ses arguments.

Le professeur Faustin Aïssi a également souligné qu’applaudir les actions du gouvernement ne peut conduire à soutenir un recul social. Il invite donc ceux qui ont la lecture des évènements passés à endosser la responsabilité de le rappeler aux jeunes générations et naturellement également aux dirigeants du pays.

Séverin A./ La Rédaction

First Afrique

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Next Post

RUSSIE-AFRIQUE : LE 2ème SOMMET POUR 2023

mer Sep 7 , 2022
Le deuxième Sommet Russie-Afrique se tiendra en 2023. C’est l’annonce faite par le ministère russe des Affaires étrangères. Environ quatre ans après la première édition du Sommet Russie-Afrique en octobre 2019, Moscou s’active pour la deuxième organisation de cet événement.Les préparatifs du deuxième Sommet ont été au menu des échanges […]