DETTES ENVERS LA CHINE : 17 PAYS AFRICAINS SOULAGÉS

Le ministre chinois des affaires étrangères Wang Yi a annoncé l’annulation de 23 prêts contractés par 17 pays de l’Afrique. C’était à l’occasion d’une réunion de coordination de la coopération sino-africaine tenue la semaine dernière.

Au détour de cette rencontre, le ministre des affaires étrangères chinois Wang Yi a rappelé les engagements de la Chine sur le continent africain, et loué les secteurs de la coopération avec l’Afrique tels que la santé, l’énergie ou la sécurité alimentaire. Occasion pour le diplomate d’annoncer l’annulation de 23 prêts par 17 pays du continent.
Ces prêts étaient arrivés à échéance à la fin de l’année 2021. Si aucune précision n’est délivrée, ni sur les montants, ni au sujet des pays concernés par cette annulation de dettes, la Chine a décidé tout simplement de les annuler. Par le passé, l’empire du milieu avait déjà posé un grand pas dans ce sens. Il s’était déjà engagé, à des opérations de restructuration de dettes, au Congo, en Angola ou encore dernièrement en Zambie.

Du côté de l’opinion publique, c’est un geste symbolique. Comme l’a fait savoir le chercheur Thierry Vircoulon, qui à l’en croire, ce geste intervient dans un contexte où les États sont dans l’incapacité de rembourser. Ces opérations de restructuration pourraient être de quelques milliards, un réel appel d’air pour les États concernés par ces dettes.
Une somme cependant modeste pour la Chine, comparée à ses investissements globaux sur le continent. Les créances totales sont évaluées à 150 milliards de dollars depuis le début des années 2000.

Récemment, lors de sa tournée africaine, le secrétaire d’État américain Anthony Blinken a insisté sur ce « piège de la dette » ; 30% de la dette publique africaine appartiendrait à la Chine, aujourd’hui devenue l’un des plus gros créanciers du continent, notamment dans des pays comme Djibouti, la Guinée ou le Cameroun. Un autre sujet créé l’inquiétude chez certains observateurs. C’est le fait qu’une étude récente a révélé que les créanciers privés occidentaux prennent une part de plus en plus importante. Par contre, d’autres estiment la menace politique de ces créanciers privés moins importante que celle de la Chine, qui peut y trouver un levier politique.


Des ONG et des responsables occidentaux accusent régulièrement la Chine d’utiliser le « piège de la dette » pour exercer une influence sur ses partenaires africains, voire pour les obliger à céder le contrôle de certains actifs précieux lorsqu’ils ne peuvent plus rembourser. Une étude publiée en juin dernier par deux chercheurs occidentaux a cependant conclu que les créanciers privés occidentaux sont les principaux moteurs de l’accumulation des stocks de dettes sur le continent depuis 2004, même si la Chine demeure le premier créancier bilatéral du continent.

En 2020, la Chine avait soutenu le plan d’allègement de la dette du G20 pour les pays les plus pauvres de la planète, en acceptant de différer le remboursement de 5,7 milliards de dollars de dette entre mai 2020 et décembre 2021.

Début août, Pékin a également accepté une restructuration de la dette de la Zambie, et invité les créanciers privés de ce pays à s’engager sans délai à négocier un allégement de la dette à des conditions aussi favorables.

Séverin A. / La Rédaction

First Afrique

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