TCHAD : DEUX CHEFS REBELLES DE RETOUR

Deux grands chefs rebelles en exil depuis des années après avoir tenté de renverser l’ancien président Idriss Déby Itno, sont rentrés jeudi 18 août 2022 à N’Djamena. Ils doivent participer, à partir du samedi 29 août 2022 à un Grand Dialogue National Inclusif (DNI), qui doit déboucher sur des élections «libres et démocratiques» et le transfert du pouvoir aux civils.

Timan Erdimi et Mahamat Nouri, deux importants chefs rebelles tchadiens en exil depuis des années sont arrivés au pays ce jeudi 18 août.

Timan Erdimi, le chef de l’Union des forces de la résistance (UFR), dont les colonnes qui fondaient sur la capitale en 2019 ont été stoppées grâce aux avions de l’armée française, a atterri en début de matinée à l’aéroport de N’Djamena où l’attendait une cinquantaine de proches.
« Je suis très content de regagner le pays après tant d’années d’exil», a déclaré Timan Erdimi, 67 ans.

Un peu plus tard dans la matinée, Mahamat Nouri, leader de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), est lui aussi arrivé à l’aéroport de la capitale tchadienne. Mahamat Nouri, ancien ministre de la défense d’Idriss Déby, avant de faire défection, avait été mis en examen en France, pour crimes contre l’humanité pour le recrutement présumé d’enfants soldats au Tchad et au Soudan. Incarcéré en 2019, il a été remis en liberté en 2020 pour raisons de santé.

Timan Erdimi, le chef de l’UFR, qui vivait en exil depuis une dizaine d’années au Qatar est membre de l’ethnie zaghawa comme son oncle, l’ancien président Idriss Déby, qui a dirigé le Tchad d’une main de fer pendant 30 ans avant d’être tué en se rendant au front contre des rebelles en avril 2021.
En 2008, les deux chefs rebelles avaient participé à l’offensive qui est arrivée aux portes du palais présidentiel, avant d’être finalement repoussée, notamment grâce à l’appui de la France.
Après une autre offensive ratée en 2019, la justice tchadienne avait condamné Timan Erdimi par contumace à une peine d’emprisonnement à perpétuité.
La junte au pouvoir avait décrété une amnistie générale en 2021, pour les rebelles et opposants, affirmant vouloir faire table rase des vestiges hérités des périodes sombres du pays.

REBÂTIR LE TCHAD

L’UFR de Timan Erdimi et l’UFDD de Mahamat Nouri, aux côtés d’une quarantaine d’autres groupes rebelles, ont signé un accord au Qatar avec la junte au pouvoir le 8 août 2022, prévoyant notamment un cessez-le-feu. « Nous avons signé cet accord pour rebâtir le Tchad », a affirmé Timan Erdimi.

Les groupes qui ont signé cet accord, sont invités à participer au DNI, forum de réconciliation nationale qui s’ouvre samedi 20 août à N’Djamena. Ceci après plusieurs reports. Au moins 1.400 délégués, membres de syndicats, de partis politiques et du Conseil militaire de transition (CMT), se réuniront pendant trois semaines pour discuter de la réforme des institutions et d’une nouvelle Constitution, qui sera ensuite soumise à un référendum.

Deux des principaux groupes rebelles, ainsi qu’une plateforme de partis politiques et de la société civile, ont refusé de participer au DNI, le considérant comme biaisé.

Les groupes armés signataires de l’accord de paix de Doha au Qatar et le gouvernement de transition vont s’asseoir à la table de négociation dès le 20 août. Ce dialogue va déboucher sur des élections censées mettre un terme à la transition et le transfert du pouvoir aux civils.

Astrid T./La rédaction

First Afrique

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