GUINÉE : MANIFESTATION DU FNDC, DEUX MORTS PAR BALLE

Deux jeunes ont été tués par balle par les forces de l’ordre mercredi 17 août 2022, lors d’une journée de contestation contre la junte au pouvoir. Les manifestations ont été organisées par le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC).

Ibrahima Baldé, 19 ans, et Oumar Barry, lycéens de 17 ans, ont été tués par balle mercredi 17 août, lors d’une journée de contestation qui a donné lieu à des manifestations sporadiques contre la junte au pouvoir depuis un an. C’est sur les réseaux sociaux que le Front national pour la défense de la constitution a accusé la garde du colonel Mamadi Doumbouya, chef de la junte et président de transition, d’avoir abattu les jeunes hommes alors que son convoi traversait la banlieue de Conakry, haut lieu de contestation.

Au moment où le premier décès était rapporté, le porte-parole de la police, le colonel Mory Kaba, affirme ne pas avoir connaissance d’un tel incident malgré sa présence sur les lieux.

Selon les informations, Ibrahima Baldé a été tué par un projectile tiré par un membre des forces de sécurité à Wanidara, un quartier de la banlieue de Conakry théâtre des heurts. Un proche du jeune homme a déclaré qu’il avait été atteint par la balle d’un soldat alors que le cortège du chef de la junte traversait le quartier. Oumar Barry, lycéen de 17 ans, a succombé plus tard non loin de là dans le quartier de Koloma après avoir reçu une balle dans le ventre, rapportent les témoignages.

Le FNDC, coalition de partis, syndicats et organisations de la société civile, avait appelé à se mobiliser pacifiquement, malgré l’interdiction de toute manifestation édictée le 13 mai par la junte et la décision de cette dernière de dissoudre le collectif il y a une semaine. Des affrontements sporadiques ont été rapportés dans la banlieue de Conakry.
Le FNDC réclame le retour à l’ordre constitutionnel et dénonce une confiscation du pouvoir par les militaires.

Le FNDC avait été à l’initiative de deux jours de manifestations les 28 et 29 juillet, interdites par les autorités et dans lesquelles cinq personnes avaient été tuées.

La Guinée est coutumière de telles violences, dont les circonstances demeurent souvent obscures. Les défenseurs des droits dénoncent de longue date les excès des forces de sécurité et l’impunité dont elles bénéficient.

Séverin A. / La Rédaction

First Afrique

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