UNE DE « PARIS MATCH » : PHOTO DU CARDINAL SARAH, LE CHOC ?

Le cardinal guinéen Robert Sarah à la Une de Paris Match… Il n’en fallut pas plus pour soulever, en effet, un vent de révolte au sein de la rédaction de ce magazine en couverture duquel les soutanes sont plutôt rares. Robert Sarah y est présenté comme « homme d’influence et de paix ».

Dans les six pages intérieures au cardinal consacrées, le journaliste Philippe Labro brosse de lui le portrait d’un homme « humble, discret » un cardinal de 77 ans qui vient de Guinée, « un pays musulman à 90% », un homme « venu de loin, très loin, pour devenir, au fil des décennies, un prélat aussi adulé par les conservateurs que contesté par les progressistes (…)

En Guinée, il incarne la liberté, il est du côté du peuple. En Europe, il est jugé comme un conservateur rigide, opposé aux transformations de la modernité et des mœurs », résume donc Philippe Labro, en signalant, pour se mieux faire comprendre, que Monseigneur Sarah possède une « énorme influence » : celle d’un « faiseur de pape ».
Mais en interne, donc, « les rédacteurs en chef » de Paris Match ont protesté contre cette Une consacrée au cardinal le plus respecté d’Afrique, rapporte le journal Le Monde, la Société des journalistes accusant Vincent Bolloré d’avoir imposé ladite Une. Une vraie tempête dans un bénitier.

Vie de château en France contre argent douteux venu de l’étranger
L’hebdomadaire L’Obs publie une enquête, soutenue par un consortium de presse en Europe, qui a permis d’identifier 196 opérations immobilières, réalisées par 62 personnalités étrangères, chefs d’Etat, parents de ces derniers, ministres ou hommes d’affaires controversés, et qui, entre 1985 et 2020, de Saint-Tropez au 16e arrondissement de Paris, de Saint-Jean-Cap-Ferrat à Montfort-l’Amaury, ont dépensé en tout « 744 millions d’euros pour acheter des biens immobiliers en France. Des transactions sur lesquelles se pose légitimement la question d’un potentiel blanchiment » d’argent, énonce L’Obs. Le tout avec la plus grande bienveillance de notaires et d’autorités on ne peut plus passifs.
Témoin Sevil Aliyeva, fille de l’ancien président d’Azerbaïdjan Heydar Aliyev qui dirigea le pays de 1993 à 2003, et sœur de l’actuel président du pays. Selon L’Obs, Sevil Aliyeva, tantôt « compositeur de musique », tantôt « sans profession », a investi 52 millions d’euros dans des biens immobiliers en France.
Témoin, le fils aîné du président Paul Biya du Cameroun.

Selon L’Obs, « Franck Emmanuel Biya a ainsi acquis pour près de 3 millions d’euros en 2004, à l’âge de 33 ans, une maison avec piscine dans le domaine privé très couru du cap Martin, à deux pas de Monaco ». Témoin encore, Chantal Biya, l’épouse du président camerounais, « sans profession (…) ce qui ne l’a pas empêchée de dépenser plus de 2 millions d’euros pour acheter trois appartements dans le 16e arrondissement de Paris, à Levallois-Perret et à Nice entre 1997 et 2009 », précise L’Obs, en évoquant aussi les cas de l’actuel ministre de la Défense de l’Indonésie Prabowo Subianto, ou encore celui de l’homme d’affaires émirati Khadem al Qubaisi, aujourd’hui en prison pour sa participation à l’un des plus grands détournements de fonds de l’Histoire.

Comptes et mécomptes du « quoi qu’il en coûte »
Péril, enfin, sur les finances publiques de la France. L’alerte est lancée par la Cour des comptes. Dans l’hebdomadaire Le Point, le président de la Cour des comptes Pierre Moscovici « dévoile son audit des finances publiques (…) Et met en garde Macron contre la tentation de laisser filer les dépenses ».

Selon Pierre Moscovici le redressement des comptes publics français au début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron « a été stoppé brutalement par la crise des Gilets jaunes. Alors que la baisse des prélèvements s’est accentuée, le gouvernement a renoncé à la diminution des dépenses ».

Selon Le Point, le rapport de la Cour des comptes est préoccupant. La France « est sortie de la crise du Covid avec un déficit structurel et une dette publique parmi les plus dégradés de la zone euro (…) Sa dette publique a bondi à 112,5 % du PIB en 2021, soit une augmentation de 15,1 points, supérieure à la moyenne de celles de ses partenaires de la zone euro », rapporte Le Point.

First Afrique

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