SOUDAN : CIVILS ET L’ARMÉE, ENTENTE DIFFICILE

Le principal bloc civil du Soudan a rejeté mardi 05 juillet 2022 la proposition du général putschiste Abdel Fattah al-Burhane de laisser la place à un gouvernement civil. Il dénonce un retrait tactique destiné à maintenir l’influence de l’armée dans le pays.

L’armée a annoncé lundi 04 juillet, laisser place à un gouvernement civil au Soudan.

Les Forces pour la Liberté et le Changement (FLC), limogées lors du putsch mené par le chef de l’armée le 25 octobre 2021, ont appelé à poursuivre la mobilisation contre le pouvoir militaire au sixième jour de sit-in anti-putsch dans la capitale et ses banlieues.

Lors de la révolution qui a renversé en 2019 un autre militaire, le dictateur Omar el-Béchir, les manifestants avaient maintenu leurs sit-in huit mois durant. Ils avaient alors obtenu de l’armée qu’elle partage le pouvoir avec les civils des FLC pour mener le pays vers ses premières élections démocratiques.

L’annonce du général Burhane de laisser la place à un gouvernement civil, de faire un retour au statu quo d’avant son coup de force, n’a pas convaincu la rue, qui a monté de nouvelles barricades juste après son discours lundi soir.

Le bloc civil a dénoncé une trahison et un moyen pour l’armée aux commandes du Soudan, de garder la main sur la politique et l’économie car le général Burhane a annoncé qu’aux côtés du gouvernement civil, siègerait un conseil suprême des forces armées dont il n’a pas défini les prérogatives.

Selon des médecins, la rue veut la justice pour les 114 morts et les milliers de blessés de la répression du mouvement pro-démocratie.

« On veut que Burhane soit jugé pour tous ceux qui ont été tués depuis le putsch », a expliqué une manifestante, Oumeïma Hussein.

Comme des centaines d’autres manifestants, elle est restée dans la rue malgré des tentatives de dispersion des forces de l’ordre, ont rapporté des médecins pro démocraties.

Les capitales étrangères poussent depuis des mois, civils et militaires à négocier un retour vers la transition démocratique, lancée en 2019 et interrompue par le putsch.

Le général Burhane, s’est rendu à Nairobi pour une réunion urgente des chefs d’Etat de l’organisation régionale de l’Afrique de l’Est. Il y a discuté avec le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed après un nouvel incident frontalier entre les deux pays qu’opposent plusieurs contentieux.

Astrid T./La rédaction

First Afrique

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