RÉSILIENCE SOCIOÉCONOMIQUE DES ARTISANES POTIÈRES DE SÈ : L’ONG CDEL APPORTE DU SOUTIEN AUX FEMMES POTIÈRES

L’ONG Centre de développement économique local (CDEL) a procédé ce jeudi 02 juin 2022, à l’inauguration du hangar construit et à la remise des concasseuses, aux femmes potières de Sè. C’est dans le cadre du projet dénommé « Résilience socioéconomique des artisanes potières de Sè » financé par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) à travers les fonds la Francophonie avec elles.

Dans le but d’améliorer les performances et les conditions de vie des acteurs économiques à la base et de lutter contre le chômage, l’ONG Centre de développement économique local (CDEL) s’est donnée pour mission de contribuer à l’épanouissement économique et social des jeunes et des femmes en particulier, à travers leur insertion professionnelle et le renforcement technique et financier des micros et petits entrepreneurs. C’est dans ce cadre que s’inscrit le projet « Résilience socioéconomique des artisanes potières de Sè » dont l’objectif est d’outiller et d’accroître les capacités de production et de leadership de cinquante (50) femmes potières de l’arrondissement de Sè dans la commune de Houéyogbé.  

En effet, les conditions socioéconomiques des femmes potières de Sè depuis l’avènement du Covid 19, ne sont guère reluisantes. Et ce, en raison de plusieurs facteurs comme la fermeture des frontières au cours de la période 2019-2021 et les différentes formes de violences subies par les femmes.

Avec l’appui de  l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), à travers les Fonds la francophonie avec elles qui est un dispositif de solidarité ayant vocation à donner aux femmes et aux filles les moyens de se relever dignement des crises auxquelles elles sont confrontées et d’être outillées pour affronter les suivantes, les femmes potières ont bénéficié d’un renforcement de leurs capacités. Et pour apporter de l’eau au moulin de ces femmes, dont la réputation dans l’activité de la poterie n’est plus à démontrer, l’ONG CDEL avec l’appui de l’OIF a organisé plusieurs activités. Certaines sont déjà exécutées depuis novembre 2021 et d’autres sont en cours. Ainsi, il ressort des propos des bénéficiaires et des responsables du CDEL, que les potières ont déjà bénéficié de plusieurs activités dont les renforcements de capacités sur des aspects précis de leurs besoins notamment : les compétences de vie ; la vie associative et coopérative ; la gestion d’une micro entreprise artisanale, pour nous en tenir à ceux -là.

Aussi, importe -t-il de préciser que dans la dynamique de contribuer à la régression des Violences basées sur le genre (VBG) qui sévissent avec gravité dans la commune, des relais communautaires (hommes et femmes) ont été formés et outillés pour animer des espaces homogènes  d’échanges entre hommes ou femmes ; et même de groupes mixtes, en vue d’aborder tous les sujets tabous liés au statut de la femme dans la communauté ; et dans le but d’améliorer la qualité des relations homme-femme. Selon les responsables du projet, cette approche vise à faire changer les mentalités des hommes afin qu’ils développent désormais une masculinité positive qui favorise la protection et l’épanouissement de la femme mieux qu’aujourd’hui. Il est à préciser que d’autres formations sont en cours de préparation en l’occurrence la formation des potières sur les droits et devoirs civiques, justice femmes-hommes et l’engagement citoyen, et les techniques de production modernes.

 La Directrice Exécutive du CDEL, Aline A. Adjibi Dato, a décliné les résultats attendus du projet ainsi qu’il suit :

« (i) les capacités de production des potières de Sè sont améliorées
(ii) les potières sont mieux structurées et gèrent bien leur entreprise et
(iii) elles ont développé des aptitudes nécessaires pour faire face aux Violences basées sur le genre (VBG) ». 

Des résultats palpables sont déjà visibles à savoir : la structuration de trois groupements de potières en associations dotées de statut et règlement intérieur et formalisées (enregistrées à la préfecture) : associations ADODOE, AKPENE-MAWOU et MAWOUTONDJI ; début de mise en œuvre de nouvelles pratiques de gestion comme par exemple l’enregistrement des dépenses et recettes dans un cahier et le calcul des coûts pour apprécier la marge bénéficiaire ; l’utilisation désormais des concasseuses pour transformer les résidus de canaris en poudre ; ouverture de compte d’épargne pour cent des femmes ; la majorité des femmes dotées de documents d’état civil, ce qui constitue une avancée notable par rapport à la situation de départ ; pour nous en tenir à ceux-là.

Dans le rang des artisanes potières bénéficiaires directes du projet, c’est un sentiment de fierté à l’image de leur représentante Fiavi Alida Dandé. « Tous ces appuis dont nous bénéficions n’auraient jamais été possibles sans l’appui financier de l’OIF. C’est pourquoi nous artisanes potières venons avec une joie débordante au cœur, exprimer notre sincère gratitude à l’OIF et à l’ONG CDEL pour avoir pensé à nous dans notre souffrance », a-t-elle déclaré. 

C’est aussi le même sentiment de satisfaction et de reconnaissance qui animent le représentant des treize (13) relais formés pour animer les espaces de dialogue sur la perception des hommes sur le statut de la femme : « Nous avons compris la gravité de la situation des violences basées sur le genre au sein de notre communauté à Houéyogbé et l’urgence d’endiguer ce mal. Le CDEL ONG nous a permis d’avoir des remèdes simples contre ce grand mal dont souffrent nos populations dans les rapports homme-femme, notamment les violences faites aux femmes », a laissé entendre Prudence Eganhoui, représentant des relais communautaires.

Pour l’attachée de programme à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) Diana Akanni-Soumanou, cette visite du projet, au-delà de son importance pour les femmes potières du département du Mono notamment celle de Sè à Houéyogbé, lui a également permis de redécouvrir le Bénin. « C’est pour cela que je suis venue ici à Sè pour m’entretenir avec vous les bénéficiaires, avec les autorités locales, avec les dirigeants de l’ONG CDEL », a-t-elle aussi ajouté.

Démarré en novembre 2021, le projet Résilience socioéconomique des artisanes potières de Sè prendra fin en octobre 2023. D’un montant global de 40 562 240 FCFA, ledit projet a reçu la contribution de 31 343 040 FCFA de l’OIF et 9 219 200 FCFA de l’ONG CDEL, de la mairie de Houéyogbé et des artisanes potières.

En dehors du CDEL, des potières bénéficiaires, de la mairie, le Centre de promotion social (CPS), l’association de développement de Sè, les hommes (conjoints des potières), le collectif des artisans de Houéyogbé et les personnes ressources sont les autres parties prenantes dudit projet avec des rôles qui leurs sont propres.

La cérémonie a également été marquée par la remise des attestations de formations aux femmes potières de Sè par toutes les autorités communales et personnalités et invités présents.

Astrid T./ La rédaction

First Afrique

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