Mali : Le président IBK et son Premier ministre Cissé, ne sont plus libres de leurs mouvements.

Les manifestations éclatées au Mali depuis quelques mois, après les élections législatives, ont connu un aboutissement dans l’après-midi de ce mardi 18 août 2020. Le président de la République malienne Ibrahim Boubacar Keïta, et son Premier ministre, Boubou Cissé, ne sont plus libre de leurs mouvements. Ils ont été arrêtés par des militaires en révolte.

La crise malienne, est loin de trouver un dénouement, car des soldats maliens ont mis la main sur le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, et son Premier ministre, Boubou Cissé, les privant ainsi de leurs libertés. Cette arrestation est dirigée de main de maître par des officiers qui ont pris le départ du camp de kati situé à 15 kilomètres environ de Bamako. Un chef de la mutinerie, rapporte au correspondant de RFI sur place, M. Serge Daniel, « Nous avons pris le contrôle du président de la République et de son Premier ministre. Nous nous sommes rendus à son domicile où il était avec le Premier ministre. Nous lui avons demandé de nous suivre pour une discussion. Ils sont actuellement entre nos mains et nous montons à Kati ». Pour réussir leur mission, les mutins ont pris les armes ce matin au camp « Soundiata Keïta » de Kati, l’un des camps les plus garnis des garnisons maliennes, tirant en l’air, avant de  prendre  le contrôle de ce camp.  « Nous avons entendu vers 7h30-8h, en heures locales, des premiers coups de feu qui ressemblaient à des tirs en l’air, ça venait du camp militaire », ont témoigné quelques habitants de kati joints par un correspondant de RFI, Coralie Pierret.

 Notons qu’après Kati, les soldats en révolte, se sont ensuite rendus à Bamako, précisément au ministère de la Défense, pour arrêter des hauts gradés de l’armée, qui ont également été conduits à Kati. Ayant sous leur contrôle le camp, et les routes qui mènent à Bamako, les mutins ont arrêté des personnalités civiles. Rappelons qu’une mutinerie à la base de Kati a conduit à un coup d’État en 2012 qui a renversé le président de l’époque, Amadou Toumani Touré, et a contribué à la chute du nord du Mali aux mains des militants djihadistes. Mais la situation est confuse actuellement puisque les militaires frondeurs n’ont fourni aucune explication des raisons qui motivent leur soulèvement. Mais il est à préciser que des voix s’élèvent d’ores et déjà pour condamner l’acte orchestré par les militaires. « Je suis attentivement la situation et condamne la tentative de mutinerie en cours », peut-on lire dans un communiqué de la présidence française. Le président de la Commission de l’Union Africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, a quant à lui condamné « énergiquement » l’arrestation du président malien Ibrahim Boubacar Keïta. Il a declaré sur sa page twiter, « Je condamne énergiquement l’arrestation du président Ibrahim Boubacar Keïta, (du) Premier Ministre (Boubou Cissé) et (d’)autres membres du gouvernement malien et appelle à leur libération immédiate ».

H. HOUETCHI

LA REDACTION

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