CULTURE : Bientôt des œuvres d’art restituées au Sénégal et au Bénin

Les œuvres d’art saisies à l’Afrique depuis des années seront restituées. C’est la promesse faite par Emmanuel Macron à Ouagadougou en 2017. La concrétisation de ce rêve se poursuit avec la présentation par le gouvernement français, ce mercredi matin en Conseil des ministres, d’un projet de loi prévoyant la restitution d’œuvres au Sénégal et au Bénin.

Trois statues issues du pillage en 1892 du palais des rois d’Abomey par les troupes coloniales et conservés au Musée du quai Branly, à Paris.

Les œuvres d’art contribuent à éduquer les générations actuelles sur les traditions et les coutumes de la société passée. L’art est une activité humaine, le produit de cette activité ou l’idée que l’on s’en fait s’adressant délibérément aux sens, aux émotions et à l’intellect. Il joue un rôle important dans la vie du pays et contribue dans divers secteurs du développement du pays. L’art consiste à affirmer l’identité culturelle d’une nation. Les œuvres d’art font partie du patrimoine historique d’une nation, ils contribuent également à éduquer les générations actuelles sur les traditions, les coutumes de la société passée. Conscient de son importance dans le processus de développement, les pays africains n’ont pas baissé les bras en ce qui concerne la récupération des œuvres à eux dérobées par les occidentaux. Mais Jusqu’à présent, la loi n’autorisait pas ces restitutions, car les œuvres des collections publiques sont considérées comme inaliénables et imprescriptibles. Il fallait donc faire évoluer le cadre juridique. Cette bien à cette tâche que le gouvernement français s’attelle en présentant ce mercredi matin en Conseil des ministres un projet de loi prévoyant la restitution d’œuvres au Sénégal et au Bénin. À une loi générale pour l’ensemble des demandes, le gouvernement a donc préféré une loi spécifique pour ces deux restitutions.

Il faut noter que la première concerne le Sénégal et le sabre dit d’El Hadj Oumar Tall un trésor de guerre ramené en France en 1894 par le colonel Louis Archinard, remis en novembre dernier par l’ancien Premier ministre français Édouard Philippe au président Macky Sall. Ce texte va acter le transfert de propriété de ce sabre, alors qu’à l’époque, il avait été restitué sous forme de prêt. Cette loi va également permettre la restitution au Bénin de 26 œuvres dérobées au roi Béhanzin durant la conquête coloniale. Malgré les nombreuses résistances en France, au sein de l’administration et des musées concernés, suite à la décision d’Emmanuel Macron, de restituer des œuvres d’art à l’Afrique, il y tient fermement à tel point qu’aujourd’hui, du côté des autorités françaises, le discours semble avoir un peu évolué et la concrétisation du souhait de ce dernier est presque, à sa phase finale.

« First Afrique Tv » sensibilise sur la pandémie Covid-19

Dans ce dossier, l’Élysée a donc une priorité : mener à son terme le processus béninois, parce que c’est celui sur lequel le président français s’est directement engagé. Et c’est aussi, précisait-on récemment au sein du palais présidentiel, « le processus le plus emblématique de ce qu’on veut faire, c’est-à-dire pas seulement restituer des objets mais aussi en faire le support d’un partenariat culturel renouvelé ». Ce processus ne pourra aboutir que lorsque le parlement adoptera ce texte. Mais ce ne sera pas avant 2021, car le musée d’Abomey qui doit les accueillir est encore en cours de construction. Selon Marie-Cécile Zinsou, historienne de l’art et présidente de la Fondation Zinsou « Cette étape pour moi est historique à plusieurs titres.  Sur la question du temps qui s’est écoulé entre la demande du Bénin en 2016 et le projet de loi qui a été présenté mercredi, il faut se rappeler que le temps des lois n’est pas le même que le temps des médias et des réseaux sociaux ».

H. HOUETCHI

LA REDACTION

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Next Post

ÉCONOMIE : RABAH AREZKI, NOMMÉ VICE-PRÉSIDENT DE LA BAD.

jeu Juil 16 , 2020
La vice-présidence de la Banque Africaine de Développement ( BAD )  aura dans les tout prochains mois un nouveau locataire. Il s’agit de l’économiste algérien Rabah Arezki, nommé au cours du dernier sommet de l’institution, sera officiellement installé le 1er octobre prochain au poste d’économiste en chef et vice-président, chargé […]