BARRAGE SUR LE NIL : Rencontre des protagonistes pour une sortie de crise.

Réunis  par visioconférence ce mardi 23 juin, les pays membres de la ligue arabe, ont débattu sur la situation récente en Libye et surtout du sujet du barrage de la renaissance érigé par l’Éthiopie sur le Nil.

Sur demande de la République arabe d’Égypte, les pays membres de la ligue arabe ont tenu une rencontre par visioconférence pour trouver une solution à la discorde entre l’Éthiopie, le Soudan et l’Égypte à cause du méga-barrage construit par l’Éthiopie sur le Nil. Pendant que l’Éthiopie s’apprête à démarrer le remplissage de son gigantesque barrage sur le Nil en juillet, le ton monte du côté de ses voisins, dont le Soudan et surtout l’Égypte pour qui l’eau du fleuve est jugée vitale. Le Nil représente pour les Égyptiens une ressource capitale et indispensable.

Le président égyptien Al Sissi l’avait exprimé devant l’assemblée générale des Nations Unies en septembre dernier lorsqu’il affirme : « Une question de vie ou de mort », les Égyptiens ne peuvent jamais permettre l’exploitation anarchique du Nil. Très inquiète à l’idée de subir une baisse de débit du fleuve, l’Égypte avait demandé le 19 juin l’intervention du conseil de sécurité de l’ONU pour garder sa ressource en eau et avait mobilisé la Ligue arabe à se réunir sur le sujet. Mais il faut noter que l’Éthiopie a achevé le chantier de son gigantesque barrage de la Renaissance (Gerd) sur le Nil bleu et entend, coûte que coûte, profiter de l’actuelle saison des pluies pour démarrer le remplissage en eau du lac réservoir, dès ce mois de juillet.

Depuis 9 ans des réunions se tiennent pour trouver un consensus sur la construction de ce gigantesque barrage dont le remplissage du réservoir à grande vitesse entraînerait une baisse du débit du fleuve. Ce remplissage du réservoir d’eau du barrage prendra plusieurs années. L’Éthiopie, qui s’est lourdement endettée pour ce méga projet, la veut rapide, sur quatre ans, afin d’exploiter au plus tôt sa centrale hydroélectrique.

Alors que l’Égypte réclame qu’il soit étalé dans le temps, sur  une période de douze ans, pour qu’il impacte le moins possible le débit du fleuve. Souhaitant qu’une issue soit trouvée au problème, M. Yasser Abbas, ministre soudanais de l’irrigation a expliqué ce dimanche 21 juin, « Nous ne voulons pas d’escalade. Les négociations sont la seule solution ». Mais une proposition semble arranger les deux parties, celle d’une solution de compensation financière qui pourrait être accordée par l’Égypte à l’Éthiopie pour l’aider à rembourser ses prêts et compenser le manque à gagner lié au recul de la vente d’électricité.

Chaque partie a ses raisons qui l’amènent à soutenir sa position. « l’Égypte se rêve encore en leader du monde arabe, pendant que l’Éthiopie, dorénavant forte de 110 millions d’habitants, veut s’afficher comme une puissance et fait du barrage un ferment de solidarité nationale », nous fait comprendre Marc Lavergne, géopolitologue spécialiste du Moyen-Orient arabe et de la Corne de l’Afrique. Il poursuit, « Il ne faut pas exagérer cette confrontation, il n’y a pas péril en la demeure ».

H. HOUETCHI

First Afrique

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