ÉCONOMIE : LE GHANA COMPTE BOOSTER SON SECTEUR INDUSTRIEL ET INTERDIT LES IMPORTATIONS DE VIEUX VÉHICULES.

La diversification de l’économie est un pilier du développement d’une nation. Conscient de cela, le gouvernement ghanéen, a décidé de changer l’image de son secteur automobile en interdisant dès Octobre prochain l’importation des véhicules d’occasion, vieux de plus de dix ans et permet l’installation de 5 constructeurs mondiaux afin de faire du pays un hub régional.

Pour permettre aux grands constructeurs automobiles mondiaux installés au Ghana, notamment européens et asiatiques (Renault, Volkswagen, Toyota, Nissan, BMW, etc.) de faire couler leurs produits, et répondre favorablement à la demande de l’African association of automotive manufacturers, qui invite les pays africains à réduire leurs importations de véhicules d’occasion, les autorités ghanéennes viennent d’annoncer l’interdiction des importations de véhicules d’occasion vieux  de plus de 10 ans. Ainsi, le gouvernement ghanéen souhaite désormais doper le secteur du montage automobile pour lequel elles ont réussi à attirer cinq grands constructeurs automobiles mondiaux. Mais il s’agit de petites unités de montage visant à satisfaire la demande locale et régionale.

Le Ghana, pays où 70 % de véhicules importés sont des voitures d’occasion, ambitionne d’attirer d’autres constructeurs et de devenir le hub de l’assemblage de véhicules de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui est un grand marché de consommation avec une population de 380 millions d’habitants actuellement et qui devrait atteindre 500 millions de consommateurs en 2030. Cette mesure prise par le gouvernement aura également un impact positif sur l’environnement, car ces unités devraient contribuer à rajeunir le parc automobile très vieillissant du pays, à l’instar de tous les pays de la sous-région et de l’Afrique dans sa globalité où les véhicules sont appelés souvent des poubelles ambulantes, à quelques exceptions près, à savoir l’Afrique du Sud, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Libye.

Ce projet mis en place par les autorités Ghanéennes et sur lequel ils misent davantage sur le long terme a toutes les chances de réussir si le Nigeria, première puissance économique du continent et le pays le plus peuplé d’Afrique avec ses 200 millions d’habitants, exploite déjà lui seul  entre 450.000 et 600.000 véhicules de seconde main annuellement. Il faut aussi rappeler que les implantations d’unités de montage devraient générer davantage en termes de création de valeur ajoutée, d’emplois et de diverses taxes et impôts.

Toutefois l’interdiction d’importation de véhicules âgés de plus de 10 ans n’est pas sans conséquence sur les recettes douanières. En effet, au Ghana, à l’instar des autres pays de la sous-région, les importations de véhicules d’occasion représentent plus de 70% des importations automobiles. Du coup, le manque à gagner en termes de recettes douanières est estimé à 143 millions de dollars. Mais le pays espère ainsi compenser le plus tôt possible, la perte des 143 millions de dollars de recettes douanières en trois ans par la création des emplois et des nouvelles recettes fiscales.

H. HOUETCHI

LA REDACTION

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