Etat civil et bancarisation : Trouver la passerelle

Les sans pièces et la banque ne font pas bon ménage. Entre ces deux mondes que faut-il faire pour éviter la ‘’vente des histoires’’ et assurer le développement de l’Afrique?

La question de l’état civil se pose avec acuité sur le continent noir. Nombreux sont les africains qui ne possèdent pas de papiers d’identité. Face à cette situation préjudiciable, certains gouvernements africains ont commencé par faire de ce problème, une priorité. Objectif, permettre à leurs concitoyens de s’intégrer. Au nombre de ces gouvernements, on peut citer la Côte d’ivoire qui vient de finir une campagne nationale relative à l’état civil de même que le Bénin qui vient de boucler une opération d’obtention de souche.

Cet intérêt à régler le problème de l’état civil, est une bonne chose, car cette question compromet en partie le développement. En effet,  les défaillances liées à l’état civil expliquent en partie la très faible bancarisation en Afrique. Une situation dont les corollaires sur le développement ne sont plus à démontrer. Alors, que faut-il faire pour inverser la tendance ? 

En effet, la faible bancarisation est liée aux facteurs systémiques sur le plan social, institutionnel et juridique. Et tout cela détermine l’environnement global du secteur bancaire. Il suffit d’analyser les conditions d’ouverture des comptes pour comprendre la corrélation entre état civil et faible bancarisation. Cette dernière  représente la quantité de personnes au sein d’une population utilisant un compte ou des services bancaires. Et en la matière,c’est un indicateur de développement économique.

A cette situation de l’état civil qui handicape la bancarisation, il faut souligner le fait que les tarifs et frais de tenue de compte des banques africaines semblent trop élevés par rapport au niveau de richesse de la population subsaharienne. Ce qui amène 80 % de cette dernière à thésauriser.  Ainsi dans certains pays africains,  le dépôt minimum pour ouvrir un compte est de 700 dollars, alors que le salaire moyen est de 98 dollars par mois.

Au regard de tout cela quand on apprécie l’enjeu du développement économique, c’est que les ambitions de croissance forte en Afrique au cours de la prochaine décennie pourraient être compromises.  Et il suffit de faire des projections sur le secteur de l’agriculture pour comprendre le danger qui plane. Peut-on sécuriser les paiements sans une bancarisation adéquate quand on sait que 70% d’africains tirent leurs ressources de l’agriculture, le secteur prédominant dans beaucoup d’économies africaines ? 

Et si cette question n’est pas réglée dans les meilleurs délais, c’est que le phénomène de l’immigration pourrait être très difficile à gérer dans les prochaines années. Quand  les services financiers demeurent inaccessibles pour la grande majorité de la population, c’est la porte ouverte à tous les fléaux dont l’immigration. 

Que faire face à cette faible bancarisation pour ne pas compromettre le développement durable du continent? Il urge d’améliorer l’état civil en Afrique. Cela est d’autant plus important, car sans la bancarisation, pas d’accès au crédit. C’est pour cela qu’il faudrait trouver non seulement des mesures correctives. Entre autres, on peut miser sur le déploiement des portefeuilles électroniques qui permettra non seulement à des citoyens africains qui n’auraient pas accès à un compte bancaire de pouvoir faire des paiements, de déposer et retirer de l’argent de manière sûre et ce dans des conditions idoines de sécurisation de leurs paiements. On sait bien que la gestion du cash en Afrique n’est pas un jeu d’enfant mais de sécurité.

En effet, à l’heure des inforoutes de la communication, il faut recourir au digital et à l’innovation. Dans ce domaine d’ailleurs, l’Afrique se développe sous une forme parfois différente, mais très rapide. Et l’utilisation du mobile à travers le développement cybernétique semble être l’une des meilleurs voies pour contourner la faible bancarisation en Afrique.

Il faut donc privilégier ce type d’outils simples mais efficaces en guise de perspective. C’est à ce prix qu’on peut impulser le développement de l’Afrique et sortir ainsi des millions de personnes de la pauvreté.

Joseline B. K.

F-KINT

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"Contribuer depuis la France au Pag..."

mar Août 6 , 2019
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