Plans et logiques dérobées

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Construction de routes, chemins de fer, aéroports, échangeurs, parcs industriels, barrages hydroélectriques et géothermiques…Sans les plans quadriennaux, quinquennaux et septennaux … pas de réalisation de projets de développement en Afrique. C’est la mode, c’est la tradition.

A chaque pays, son programme de société.  Tout se fait en fonction de l’inspiration du président de la République selon la durée de son mandat (quatre, cinq ou sept ans). Les différents plans nationaux peuvent-ils impacter le développement de l’Afrique ?

On connait le Growth and Transformation  Plan (GTP) II 2015-2020, en Ethiopie. Le projet de société pour un Sénégal émergent, Initiative pour une politique de développement (IPD) est aussi connu de tous. Le  Plan national de développement du Togo 2018-2022 avec 141 projets est également une réalité. Le Programme d’action du gouvernement (Pag) du Bénin est aussi une évidence…

Depuis les indépendances en Afrique, il est rare, très rare de voir la réalisation d’une infrastructure sans qu’elle ne soit intégrée dans les différents plans nationaux. Mais y a-t-il un avantage à avoir un plan national de développement ?

Au regard de nombreux éléments d’appréciation qui entrent en jeu, il y a des avantages en le faisant. En effet, depuis les indépendances, les plans nationaux permettent dans une certaine mesure, de gagner la bataille contre la pauvreté. 

Aussi, faut-il souligner le fait que les plans présidentiels valorisent  les potentialités économiques, industrielles, sociales, culturelles, agricoles…quand tout ceci est orienté vers les besoins des populations locales. Les cas de l’Ethiopie,  du Sénégal, de la Côte d’Ivoire…(avec des infrastructures remarquables) sont là. 

Souvent bien rédigés et bien achalandés sur papier  par  les compétences nationales et internationales les plus expertes, les plans gouvernementaux exigent des sommes faramineuses. D’où l’impérieuse obligation de les mobiliser.  Mais où les trouver? A cette étape, les ressources financières internes à elles seules ne suffisent pas. (Seul Thomas Sankara, l’ancien président du Burkina 1983-1987) avait réussi l’exploit d’impulser son plan de développement sans recourir à l’aide internationale).

Mais quand le recours aux bailleurs bilatéraux et multilatéraux s’impose, il faut s’entourer de garanties. Pour gagner ce pari, il faut qu’il y ait un climat jugé propice pour les investissements étrangers, pour espérer la mobilisation des ressources, les conditions  de prêts (surtout à des taux préférentiels bas pour mieux mobiliser les fonds est un autre challenge. Ce qui n’est pas souvent le cas.     

Au-delà, il faut déplorer le fait que ces plans ne permettent pas souvent d’impulser le développement. Ce qui fait que la croissance ne profite exclusivement qu’à une minorité d’individus. Si rien n’est fait pour mettre un terme à cette tendance,  beaucoup d’Etats africains, actuellement en voie de développement, passeront rapidement à la situation d’Etats en voie de disparition.

Pour que le développement soit réel, il faut que les gouvernements africains continuent d’opter pour une politique économique d’impulser le développement d’indépendantequi accorde la priorité aux besoins internes.  En outre, il faut déplorer la non-participation des populations considérées comme sujets et non comme objets du projet commun de société. Tant que ces programmes nationaux de développement ne vont pas refléter les espoirs suscités,  il y aura aucun impact sur le développement. En somme, les plans nationaux de développement doivent  rechercher des solutions africaines aux défis africains dans tous les domaines.

Wilfrid KINTOSSOU

F-KINT

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