Entretien avec le Directeur général de la SHB, Arnaud DEGLA

Monsieur le directeur. Vous êtes à la tête d’un complexe industriel majeur. La SHB, (Société des Huileries du Bénin). Une unité de production qui s’est imposée dans son segment depuis déjà une vingtaine d’années. Avant vous, se sont suc- cédé à sa tête, des expatriés.

FCAFRIQUE : Dites-nous Monsieur le Directeur, quels sont les secrets de cette longévité, et quel est votre secret ?

DG Arnaud DEGLA: Bonjour ! En ce début d’année, Je tiens à sacrifier à la tradition et présenter à vous et à tous vos lecteurs, mes sincères vœux de santé et de prospérité pour l’année 2019. Cela étant, pour répondre à votre question, je ne parlerai pas de secret car c’est une façon de voir les choses que je partage quotidiennement avec les collaborateurs et mes proches avec qui j’échange beaucoup : la foi en en mes connaissances et en tout ce que je fais. Ces principes me donnent la détermination face aux difficultés et l’assurance que demain sera meilleur qu’aujourd’hui.

Quelle est à ce jour, le poids de la Shb dans la balance de l’économie nationale et celle régionale ?

DG Arnaud DEGLA: Après les difficultés rencontrée par la SHB de 2012 à 2015, nous avons décidé de reprendre notre destin en main, de nous fixer des objectifs à travers une vision que nous avons partagée avec tout le personnel «Etre une entreprise moderne et compétitive».

Après 3 ans d’exercice, nous constatons que cette vision commence par prendre corps par les nombreux investissements et améliorations apportés à l’outil industriel, le rendant ainsi l’un des plus modernes de la sous-région. Le Réaménagement du personnel suite à la reprise des activités en 2015, associé à leur formation continue, ont permis d’augmenter les différents rendements produits et l’optimisation de la consommation des intrants industriels. Tout ceci a permis d’atteindre un chiffre d’affaire de 14 milliards de Francs CFA avec une compétitivité évidente. Ceci pour dire que la SHB occupe aujourd’hui une place de choix dans l’économie de notre pays et de la sous-région. Cette performance induit pour nous des responsabilités sociales, en tant qu’entreprise citoyenne. Et nous es sayons de tenir cette obligation en apportant notre soutien á différentes initiatives dans plusieurs domaines, notamment le Sport. Nous sommes sponsor Officiel de la Ligue 1 de Football.

Au regard de ce tableau étincelant, quelles sont les perspectives que vous dessinez pour l’entreprise ?

DG Arnaud DEGLA: L’un des défis majeurs pour moi aujourd’hui est de procéder à la diversification des activité de la SHB pour éviter qu’elle retombe un jour dans les difficultés qu’elle a traversées de 2012 à 2015, principalement dues à un manque de matière première et une concurrence déloyale des importateurs d’huile.

L’autre défi non moins important est de réussir dans les prochains mois à augmenter notre part de marché national au détriment du marché régional et international.

Au plan social, que peut-on retenir au terme de 20 ans de présence au profit des populations de cette région où se trouve implantée la Société des Huileries du Bénin ?

DG Arnaud DEGLA : Vous voulez parler de la ville de Bohicon et certainement du département du Zou ! Mis à part le nombre d’emplois directs et indirects déjà créés au profit de ces populations, nous avons constaté un phénomène édifiant: chaque période d’inactivité de notre usine correspond toujours à des moments de grande insécurité où se développent toutes sortes d’actes de criminalité et de vol à divers degré.

Nous avons eu ce témoignage en 2015 du Commissaire Central de la ville de Bohicon qui nous avait présenté une étude des taux de criminalité en fonction des périodes d’inactivité de la SHB. Partant de ce phénomène, le rôle joué par notre société au plan social n’est plus à démontrer. Nous comptons, néanmoins compléter cet impact dans les mois à venir par la mise en place d’infrastructures sportives au profit du personnel et de toute la population, de même qu’une cantine moderne pour permettre à toute la population de consommer des repas saints réalisés avec l’huile VITALOR pour leur santé.

Monsieur le Directeur, un message qui vous tient à cœur ?

DG Arnaud DEGLA: La concurrence déloyale des importateurs d’huile qui bénéficient d’une valeur consensuelle lors du dédouanement de leurs produits, a encouragé la plus part d’entre eux à inonder le marché national d’huile de très mauvaise qualité qui a fait grimper de façon vertigineuse les maladies cardio-vasculaires dans notre pays. Notre combat d’augmenter notre part de marché local est donc d’abord pour régler, plus un problème de santé publique qu’économique.

Nous allons profiter de ce canal pour demander l’accompagnement de l’Etat central pour règlementer comme cela se doit l’importation d’huile dans notre pays pour préserver la santé des populations laborieuses de nos villes et campagnes.

Je vous remercie.

Entretien réalisé par la rédaction le 2 janvier 2019

F-KINT

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