Une BD raconte les tragédies du colonialisme français  !

« Le rapport Brazza »


Longtemps perdu, le rapport de l’explorateur Pierre Savorgnan de Brazza censuré par le gouvernement de l’époque relate des faits d’exactions commis par des administrateurs coloniaux, au début du XXème siècle au Congo français. Un rapport retrouvé en 1966 par l’historienne Catherine Coquery-Vidrovitch, et qui est adapté aujourd’hui en bande dessinée, grâce à la force des aquarelles de Vincent Bailly et du scénario signé Tristan Thil. Une ombre de l’Histoire révoltante et inacceptable, le scandale de l’exploitation de l’homme par l’homme, plus de 50 ans après l’abolition de l’esclavage. Responsables et coupables, les compagnies concessionnaires du bassin du Congo, mais aussi la République, qui a opportunément oublié dans un coffre-fort ministériel le rapport qu’elle avait pourtant elle-même commandé. La bande dessinée Congo 1905, le rapport Brazza, le premier secret d’Etat de la « Françafrique », de Vincent Bailly et Christian Thil est parue chez Futuropolis.


Est-ce le premier secret d’État de la Françafrique ? C’est en tout cas ainsi que Vincent Bailly et Tristan Thil sous-titrent leur album de bande dessinée. « Le rapport Brazza » revient sur un scandale ayant ébranlé la France en 1905 : la découverte de meurtres ignobles commis au Congo et dans l’actuelle Centrafrique par deux administrateurs coloniaux français.

Paris 1905. L’affaire Gaud et Toqué scandalise l’opinion. Fernand Gaud et Georges Toqué sont deux administrateurs coloniaux qui ont exécuté un homme de manière barbare au nord de Bangui, deux ans auparavant.

Le gouvernement dépêche une mission d’enquête parlementaire au Congo. Le but : faire la lumière sur ces événements et en démontrer le caractère isolé.

Couverture de la bande dessinée «Le rapport Brazza, le premier secret d’Etat de la ‘Françafrique’», de Vincent Bailly et Tristan Thil. Crédits: Editions Futuropolis

 

Des découvertes macabres

C’est un explorateur humaniste qui prend la tête de cette mission : Pierre Savorgnan de Brazza. Pendant quatre mois, il va interroger de nombreux témoins et surtout multiplier les découvertes macabres…

« Pour avoir une main-d’œuvre pour travailler dans les exploitations du caoutchouc, on envoie les forces armées dans les villages, enlever les femmes et les enfants, les retenir en otages pour forcer les hommes à travailler, explique Tristan Thil, le scénariste du rapport Brazza. »

 

Un système colonial et un rapport censuré

À Bangui, plus d’une cinquantaine de femmes et d’enfants sont morts. « Oui, parce que les conditions de détention sont telles que, en vérité, la plupart des personnes retenues décèdent du fait des mauvaises conditions. »

De mauvaises conditions et un système colonial qui scandalisent Pierre Savorgnan de Brazza. Malheureusement, il meurt avant de pouvoir rendre public son rapport qui sera censuré, le scandale étouffé. Une historienne retrouve le rapport en 1966. Grâce à elle, Tristan Thil et Vincent Bailly y ont eu accès et dévoilent au grand public dans une bande dessinée les tragédies du colonialisme français.

 

Source : RFI

F-KINT

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