« L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla »

Jean-Pierre Mignard : « L’Elysée a sous-estimé la faute d’Alexandre Benalla »

Jean-Pierre Mignard, avocat pénaliste, proche du président Emmanuel Macron, considère que, dans cette affaire Benalla, « la coopération loyale de la présidence de la République sera un marqueur important ».

Proche du président Emmanuel Macron, l’avocat Jean-Pierre Mignard revient sur l’affaire Benalla, collaborateur du chef de l’Etat placé en garde à vue, le vendredi 20 juillet, quarante-huit heures après les révélations du Monde. La présidence de la République a annoncé le même jour avoir engagé « la procédure de licenciement » d’Alexandre Benalla, pour des « faits nouveaux » concernant ce collaborateur mis en cause après la diffusion de vidéos le montrant frappant un homme à terre le 1er mai place de la Contrescarpe à Paris.

Quelle a été votre réaction après l’ouverture par le parquet d’une enquête pour violences et usurpation de fonctions visant un chargé de mission à l’Elysée, Alexandre Benalla, proche du président Macron ?

Jean-Pierre Mignard : Pour moi, en tant qu’avocat qui a connu depuis longtemps un grand nombre d’affaires publiques, sous la Ve République, c’est la manifestation de ce que la justice est décidément devenue indépendante. Et étrangement j’en ai tiré une profonde satisfaction. Ce que j’avais constaté du temps de Lionel Jospin puis de François Hollande et enfin avec Emmanuel Macron, c’est que l’exécutif sous la Ve République ne pervertit plus, enfin, l’action de la justice.

Mais pourquoi ni la police ni l’Elysée n’ont saisi le parquet au titre de l’article 40 du code de la procédure pénale, alors que l’affaire remonte au 1er mai ?

Ils auraient évidemment dû ! Ils ont vraisemblablement placé la sanction (une mise à pied de quinze jours) sur le plan administratif et sous-estimé la faute… En réalité, je pense que l’on constate là, comme dans tous les pouvoirs, dans tous les corps constitués, dans toutes les organisations professionnelles, une réaction identique : celle de protéger les siens au risque de se faire beaucoup de mal.

LE MONDE |  |Propos recueillis par Gaïdz Minassian

F-KINT

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