Au nom de quoi donc…?

Il y a peu, un OVNI politique du nom de Donald Trump remportait contre toute attente l’élection présidentielle aux Etats-Unis. L’histoire retiendra qu’il a fait campagne sous le thème de « l’Amérique d’abord », « America first » n’a-t-il eu de cesse de perorer. On croyait assister à un discours surrané qui ferait pischtt ! Que nenni ! Le bonhomme à la frimousse orange a eu raison de la dame de l’établissement que tous les analystes, et c’est vrai, donnaient pour gagnante car nettement plus expérimentée et plus disposée à occuper le bureau ovale.

Edito Fikinfo du 12 Mai 2017 


En France, aux dernières élections présidentielles, comme prédit par les sondages depuis quatre ans, la candidate du parti de l’extrême droite s’est qualifiée pour le second tour du scrutin avec à la clef un score sans précédent pour sa famille politique. Le thème de campagne qui a fait mouche ?, « La France apaisée » puis « Choisir la France ». C’est on ne peut plus racoleur et surtout, c’est loin d’ailleurs d’être une surprise pour le Front national, ces thèmes recèlent du nationalisme. Marine Le Pen s’est comme de bien entendu réclamée du nationalisme, thématique très porteuse si l’on en juge par le nombre de votants qu’elle a enregistrés sous son étendard. Elle n’est d’ailleurs pas seule sur le vieux continent à en faire son fond de marketing politique. En Suède, en Allemagne, en Grande-Bretagne, etc., d’autres nationalistes bousculent les habitudes. Flairant l’arnaque, le rival de Le Pen aux dernières présidentielles, Emmanuel Macron n’a pas hésité à lui opposer le pendant de ce qui a tout l’air d’être dans le vent actuellement en Europe : patriotisme. Contraste assez détonant, l’Europe qui se veut fédérateur, à tort ou à raison, déchaine les démons des nationalismes qui s’exacerbent appelant à un repli sur soi des nations que l’Union veut intégrer. L’Occident, miné par la crise économique et confronté à des problèmes existentiels, est en bute aux nationalismes. Qu’il soit appelé patriotisme ou nationalisme, ce sentiment en rapport avec sa nation, son pays, est de plus en plus sublimé, en Europe et aux Etats-Unis de l’après Guerre et Guerre froide. Sentiment noble mais qui implique en économie du protectionnisme et dans les rapports des peuples entre eux, un certain rejet de l’autre. Raison pour laquelle, et encore plus à l’ère de la mondialisation, il est inacceptable.

Cependant, si le nationalisme ou le patriotisme son dérivé plus soft, comme on voudra, est craint dans d’autres contrées, du fait de l’Histoire, par peur de la guerre dont ce fut la principale recette, il faut avouer que d’autres peuples gagneraient à en faire leur leitmotiv. Il en est ainsi des Africains, des dirigeants en l’occurrence, qui seraient plus avancés, s’ils manifestaient davantage d’amour pour leur patrie.

Plus d’amour pour le Congo, amènerait bien Joseph Kabila à arrêter de jouer au poker menteur auquel il se livre, ou plus précisément à la roulette russe, entendu que l’issue ne lui serait que fatale et conduirait le pays à la catastrophe vers laquelle il le dirige à coup sûr, en parfait écervelé. Le moins qu’on puisse dire est que le profil du président Kabila est symptomatique de la plupart de ses homologues africains, et de la classe politique sur le continent noir, ceux-ci ne s’illustrant pas bien souvent par leur vertu à œuvrer pour la grandeur de leurs pays. 
Un zeste de patriotisme inclinerait par exemple certains Béninois à explorer le nouveau champ sur lequel le régime Talon entend les conduire, sans qu’il ne soit exposé au dénigrement systématique de la moindre de ses initiatives comme on l’observe bien souvent actuellement…Le nouveau, déroute il est vrai.

Les cas de déni de l’amour pour la patrie, dont les intérêts doivent passer avant tout, foisonnent en Afrique. Et l’on en vient, face au vide en la matière sur le continent, et ce dépit de ce que cela implique, à envier ceux qui en Europe font à outrance du nationalisme leur leitmotiv. Car, pour les uns et les autres, de l’autre côté de l’Atlantique, c’est l’Amérique ou Mon pays d’abord ! Mais en Afrique, de quoi jure-t-on déjà ?

Wilfrid KINTOSSOU

F-KINT

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