Projeter dans la modernité !

Comme diraient les Ivoiriens, opposition-là, ce n’est pas forcé! Et en intégrant un tel déterminant comme approche, les membres du Front pour un sursaut patriotique récemment constitué au Bénin, ne perdraient pas grand’chose. D’autant plus que, il n’y a pas péril en la demeure béninoise. Qu’est-ce qui justifierait alors le ‘’sursaut patriotique’’ qui fait leur leitmotiv? Rien à se mettre sous la dent sur ce registre, et il suffit de lire le manifeste de ce conglomérat de partis et d’organisations sociales qui se réclament de l’opposition au régime du Nouveau départ, pour s’en convaincre.

D’une ligne à l’autre, on se rend compte de ce que ces acteurs politiques s’opposent juste pour se poser, selon un mécanisme bien connu. Car, lorsqu’on égrène le chapelet de leurs récriminations contre le gouvernement Talon, on se rend à l’évidence de ce que, à leurs yeux, « le jamais vu », « le jamais fait » auparavant, est repertorié au registre des crimes, de la mauvaise gouvernance, et que sait-on d’autres? Outre que ce n’est pas une opposition structurelle, en raison de différences idéologiques avec le pouvoir. Bien souvent en Afrique on s’oppose au régime en place pour le simple fait de ne pas être au gouvernement, de ne pas profiter de strapontins de la République. Et ce qui pose tant problème audit Front pour le sursaut patriotique, c’est le positionnement nouveau du régime Talon sur l’échiquier politique national et son mode de gouvernance dont les paradigmes sont nouveaux aussi, sans que la preuve ne soit établie que ce positionnement est mauvais. Encore que ledit front a été créé sous la férule de zélateurs du régime précédent auxquels se sont ajoutés des communistes, une gauche caviar mais à qui décidément rien ne va à la République… si ce n’est la révolution prolétaire qu’ils souhaitent même après la chute du mur de Berlin et dont on sait qu’elle est utopique ! Infatiguables dénonciateurs des régimes les uns après les autres, ces derniers n’ont pas eu de scrupules à composer aujourd’hui avec ceux qu’ils critiquaient hier en des termes qu’ils ont copié et collé sans aucun soin de réadaptation au Nouveau départ ! Il est question de « prévarication », de « népotisme », selon leur antienne…

C’est ainsi qu’il est notamment reproché au gouvernement, ce que ledit Front qualifie de ‘’isolement de la diplomatie béninoise’’, au prétexte que le chef de l’Etat ne prend pas part aux messes des chefs d’Etat africains dont on sait pourtant bien qu’elles sont improductives à bien des égards. Cette critique, infondée par ailleurs, omet d’ajouter que le président patrice Talon, sélectif dans ses déplacements, prend sur lui de participer aux réunions de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ou de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), plus techniques, plus pratiques aussi, et surtout aux résolutions nettement plus concrètes que l’organisation faitière qu’est l’Union africaine (UA), cénacle plus politique. Le Front reproche au président talon de ne pas aller faire de la politique au sein de l’UA qui apporte si peu aux nations! Autre récrimination faite au régime Talon, est la loi sur les collaborateurs extérieurs, objet des interprétations les plus biaisées.

Pourtant, parmi les dirigeants béninois voire africains de ces trente dernières années, le président Patrice Talon est bien celui qui se démarque, de par la cohérence de ses discours avec ses actions. Souvenons-nous en, lorsqu’il parlait de «désert de compétences». Tollé général, au Bénin et en Afrique voire même le monde. Il faut croire que ce n’est pas toujours aisé de dire ces choses-là à l’Elysée, au perron de l’ex pays colonisateur! Mais le numéro 1 béninois ne tardera pas à préciser ses pensées : «Nous sommes confrontés à un problème crucial de compétence. Nous allons recruter au plan national et international ce qu’il faut. Donc, le programme d’urgence que nous allons mettre en place comporte un volet de mobilisation de ressources financières pour faire face à ces besoins et dans quelques domaines assez spécifiques dans lesquels nous aurons besoin de compétence internationale», dit-il, ajoutant que «Si nous ne les avons pas auprès de nos compatriotes, nous n’aurons pas de complexe à solliciter les compétences techniques. Je précise bien que c’est dans quelques domaines limités et pour un temps très limité». Et joignant l’acte à la parole, le gouvernement de patrice Talon a initié une loi portant sur les compétences extérieures. Car, sans cette disposition il était impossible de faire appel aux compétences visées par le chef de l’Etat béninois. Mais quel tollé après coup! Encore!? Alors que le souci de bien faire, est manifeste… On en vient à la conclusion, au regard de ces quelques exemples, qu’au Bénin aujourd’hui, deux forces sont en présence : les conservateurs y compris et surtout des mauvaises pratiques, et les progressistes. Il faut espérer que les forces oeuvrant pour projeter le pays dans la modernité l’emportent.


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mer Mai 3 , 2017
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